Nov 062010
  

Les geôles du MOYEN-AGE n’ont rien en commun avec nos prisons actuelles.

Au XIIIe siècle, elles se résument à une « mesure de sûreté », une retenue préventive pour les hommes en attente de jugement, une peine de substitution pour les femmes, enfants et vieillards. Décrivant les marges d’une société, cet ouvrage s’intéresse aux différentes formes de la réclusion sous l’Ancien Régime : de la répression exercée par l’Inquisition aux galères du XVe siècle et aux bagnes des grands ports maritimes – TOULON, ROCHEFORT, BREST – qui se perpétuent jusqu’au milieu du XIXe siècle malgré la fin partielle de l’arbitraire au XVIIIe siècle.

Cependant, avec les Lumières, la durée des sentences est désormais respectée et les règles de fonctionnement de la détention paraissent mieux définies. Á l’heure o├╣ le mot  » sécurité  » couvre les lèvres de tout homme politique, il peut paraître opportun de saisir comment la FRANCE a cherché à répondre aux actes de ses marginaux (…) » « (…) Il faut attendre la deuxième moitié du XVIIIe siècle pour que la doctrine s’intéresse vraiment à la correction des coupables et, par voie de conséquence, à la prison. Ce n’est que dans les années 1775 que les parlements, en FRANCE, commencent à prononcer des condamnations à l’emprisonnement, alors qu’en EUROPE des prisons modernes se construisent depuis le début du siècle (à ROME, à TURIN, à MILAN, à VENISE, à GAND). Le travail y apparaît dès lors comme le moyen absolu d’amender les détenus, pour leur propre avantage et celui de l’état. »

Si nous présentons aujourd’hui ce livre de Nicole CASTAN et André ZYSBERG (PRIVAT, octobre 2002), c’est grâce à une superbe découverte : le blog de Philippe POISSON . Sur ce site, créé le 11 décembre 2008, on trouve près de 4 000 articles concernant l’Histoire de la Police, de la Gendarmerie, des Galères, des Bagnes maritimes et coloniaux, des Prisons, des colonies correctionnelles, des maisons de correction, des Hospices, des Hôpitaux ÔǪ en passant par de nombreux articles consacrés à l’histoire du vêtement, à l’histoire de la vie quotidienne, des portraits de femmes et d’hommes qui ont traversé  » l’Histoire  » et  » la petite Histoire  » . A signaler quelques articles à découvrir sur des ouvrages passionnants :

Une iconographie de la répression judiciaire

Histoire de la répression des opposants politiques (1792-1848)

Les enfermés de CHERBOURG : Chouans, babouvistes et communards dans les geôles cherbourgeoises

Le Bailli de FORBIN, lieutenant-général des galères (au XVIIème siècle) etc..

On ne peut bien analyser le « présent » et changer le « futur » qu’en ayant une connaissance approfondie du passé, des modes de répression, et de leur humanisation (très) progressive.

 Publié par à 21 h 49 min

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