Depuis plusieurs années, une psychiatre, Christiane Beaurepaire, se bat contre tous pour que la prison ne soit plus le lieu d'enfermement de personnes relevant de l'hôpital psychiatrique .

Et si telle est malgré tout le cas, que l'on donne au moins aux établissements pénitentiaires, les moyens en personnel soignant.

Elle a même dans "l'Express "du 15 juin 2006 menacé de faire grève le 30 juin 2006; grève levée suite à des promesses de renforcement en personnel soignant.Ont-elles été tenues ?Je ne le sais pas....

Mais y a-t-il réellement des malades psychiatriques en prisons ?

Une étude réalisée conjointement, entre 2004 et 2006, par les ministères de la Justice et de la Santé sur 799 détenus donne comme résultats : 40% de syndrome dépressif ; 31,20% d' anxiété généralisée.

Si ces deux troubles peuvent avoir en partie pour cause l'incarcération, il n'en est pas de même pour les résultats suivants : 23,9% des détenus ont des troubles psychotiques et parmi ceux ci l'on trouve 8% de schizophrènes et 8% de psychoses chroniques

A titre de comparaison dans la population générale l'on ne rencontre que 1% de schizophrènes.......

Christiane Beaurepaire dans l'IDH de Toulon du 5 janvier 2005 nous décrit quelques cas de malades rencontrés en prison et dont, à la lecture de leur témoignage délirant, l'on se demande bien ce qu'il y font!!!

En effet, ces personnes peuvent-elles être considérées comme responsables de leurs actes?

Depuis 1810 et jusqu'en 1994 l'article 64 du code pénal disait qu'il "y a ni crime ni délit lorsque le prévenu était en état de démence au temps de l'action (...)"

Cette article a été remplacé en 1994 par l'article 122-2 du code pénal qui différencie " l'abolition du discernement " (où l'on est considéré comme irresponsable) de " l'altération du discernement " (où les actes sont considérés comme punissables).

Quand " l'altération" devient-elle " abolition" ? Il est rare qu'un malade n'ait aucun moment de lucidité.Qu'en est-il au moment où il commet l'acte répréhensible? Difficile à déterminer....

Alors,par confort ?parce que c'est plus facile? les experts se prononcent presque toujours pour une altération punissable! Bien entendu des soins peuvent malgré tout être préconisés ;Mais lorsque l'on sait que la psychiatrie est le parent pauvre de l'hôpital (lui même de plus en plus malade!), je vous laisse imaginer ce qu'il en est de la psychiatrie en prison!!!.

Et que se passe-t-il une fois que ces malades sortent de prison (je fais l'impasse ici sur ceux qui ne sortent pas car ils se suicident et sur tout ce qui se passe dans les prisons françaises que la commission européenne contre les tortures condamne depuis des années )? Et bien ils sont de plus en plus malades, paumés dans une vie qu'ils comprennent encore moins, et du coup récidivent.......

Et dire que Michel Foucault et tous les biens pensants du XXième siècle condamnaient les fous entravés dans les salles communes de la Salpétrière au XIXième siècle!!!

Quelle réponse a donc trouvé le gouvernement? de les soigner...C'est bien....Sauf qu'on les soignera après leur détention dans des centres fermés.Cela s'appelle "la rétention de sureté"

Ce texte qui crée une double peine, est condamné par beaucoup, sinon par tous les démocrates ( tapez sur google "rétention de sureté"et vous verrez...).

Il faut savoir qu'un seul pays à ce jour a inscrit dans sa législation une telle loi, qui depuis la guerre avait été peu appliquée.

Où cela ? En Allemagne !

De quand date-t-elle? de 1933 ! Il s'agit d'une loi Hitlèrienne......

Je vous laisse réfléchir, et si vous pensez que les prisonniers n'ont que ce qu'ils méritent car "z'avaient qu'à pas faire de conneries" je vous conseille d'aller faire un tour sur le site de l'OIP c'est à dire de "l'observatoire internationale des prisons" qui condamne depuis des années les merveilleuses conditions de détention en France ( "bin oui;ils sont nourris, logés et même qu'ils ont la télé")

Attention, il arrive que même des innocents soient en prison!

Daumier "les gens de justice"