Juin 032010
 

Abdel-Hafed BENOTMAN - photo Sophie CHIVET - VU

(extraits d’un article d’Hubert ARTUS posté sur RUE89 le 13 janvier 2008)

«  (…) Né en 1960 à PARIS, Abdel-Hafed BENOTMAN est le dernier enfant d’une famille nombreuse, arrivée d’ALGERIE dans les années 50. Qui, après 1962, choisira de garder la nationalité algérienne. Aujourd’hui, son frère et ses deux sœurs – dont l’une est avocate – ont opté pour la nationalité française.

Incarcéré très tôt pour vols et récidive, il additionnera quatorze ans de braquages, de détention, entre cellules, évasions, quartiers d’isolement. La dernière peine, donc, entre juin 2004 et mai 2007, pour quatre braquages et un butin global de 22 000 euros.

Dès l’âge de 15 ans, à CLAIRVAUX puis dans d’autres centrales, BENOTMAN côtoie la crème de la voyouterie française. Il deviendra un militant de la chose carcérale (une émission radio sur une station associative parisienne, la revue l’ « L’ENVOLEE »  envoyée aux détenus). Puis, surtout : auteur, homme de théâtre, animateur pour l’association Dire et faire contre le racisme, parrainée par Danielle MITTERRAND.

Au tout début des années 2000, lorsque paraît « Éboueur sur échafaud », son deuxième ouvrage, BENOTMAN commence à devenir tendance, dans le milieu germanopratin : mauvais garçon, plusieurs braquages, trois grosses peines de prison, sans-papiers, bel homme, talentueux nouvelliste.

Son premier recueil de nouvelles, « Les Forcenés », publié lors d’un de ses séjours à l’ombre (en 1993, puis réédité chez RIVAGES en 2000), avait été préfacé par le père du polar anglais moderne, le regretté Robin COOK. Le livre sera suivi d’un ouvrage autobiographique,  « Éboueur sur échafaud » en 2003, puis d’un second recueil de nouvelles, « Les Poteaux de torture ». Le premier roman de BENOTMAN, « Marche de nuit sans lune », paraît le 6 février 2008, toujours chez RIVAGES, suivi de plusieurs autres (…) » ( bibliographie chez RIVAGES )

Retrouvez A.H. BENOTMAN sur son blog : Style au noir

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ROBIN DES LOIS apprécie la profonde « humanité » de cet homme, sa générosité et son militantisme inaltérable.

Nous vous invitons donc à chatter avec lui aujourd’hui dans le cadre de l’ opération PRISON  VALLEY sur  ARTE -Tv à partir de 18 heures

Mai 132010
 

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Le 22 avril, ARTE.tv a publié le webdocumentaire PRISON VALLEY, présenté comme un «road movie participatif» à la rencontre de l’industrie de la prison aux ÉTATS-UNIS.

Ce web documentaire mêle vidéos, photos et permet aux internautes de « cheminer » à leur gré sur la « route principale » : le film ou ses « bifurcations » : portfolio, tchat, forum,… (présentation des principes interactifs ici Prison Valley : le web documentaire à l’école de la route).

Concernant les contenus du documentaire on peut légitimement se poser la question : Existe-t-il en France un risque de dérive à l’américaine ? C’est évident. En 1986, le triste Albin CHALANDON eut l’idée d’aller voir comment fonctionnaient les prisons aux ÉTATS-UNIS. C’est ainsi qu’il importa l’idée des prisons à gestion mixte, inexactement appelées  « prisons privées » (nous publierons prochainement un dossier très  complet sur le résultat de cette « expérience », 25 ans après).

François KORBER, délégué général de ROBIN DES LOIS, a été interviewé sur la dérive en matière de business carcéral pour les cantines et la construction de ces monstres d’acier et de béton (à voir sur le site Webdocs d’ARTE TV). Ou ci-dessous.

Vous pouvez regarder le documentaire intégralement sur http://prisonvalley.arte.tv/fr en attendant sa diffusion sur la chaîne ARTE le 12 juin, consulter le tchat avec Jean-Marie BOCKEL (prochain rendez-vous le 20 mai à 19h avec Florence AUBENAS de l’O.I.P.) ou vous joindre aux forums.

Le sujet

Fremont County, Colorado : deux villes – Cañon City & Florence, 36.000 âmes, 13 prisons, 7731 détenus. Ce n’est plus un comté. Mais un complexe prisonnier, comme l’on dit complexe hôtelier. C’est Prison Valley, région paumée du Colorado. Ici, on a planté une prison dans les années 80. Puis un hôtel. Puis une autre prison. Puis un resto. Puis une troisième prison. Et encore un motel. Un cabinet d’avocats s’est installé. Puis cinq autres prisons.

C’est presque une ville modèle avec son chômage en baisse, ses 21 % de population incarcérée, ses pénitenciers dernier cri, son Supermax à demi enterré dans le désert, « the Alcatraz of the Rockies », comme on dit là-bas, la prison des prisons, celle des Timothy McVeigh, Unabomber, Zaccaria Moussaoui et tant d’autres, avec couloirs donnant sur la mort.

Au final, Prison Valley, c’est ça : une ville prison où même ceux qui vivent dehors vivent dedans, d’une façon ou d’une autre. Avec ce webdocumentaire, le spectateur plonge au cœur de l’industrialisation des prisons.