Mai 202012
 

une chambre de l'UHSA de LYON © A.F.P

Nous reproduisons ci-dessous une excellente « DÉPÊCHE » de « LIBÉRATION » (non signée), et consacrée aux U.H.S.A. Comme beaucoup nous étions perplexes lors de l’ouverture de la première U.H.S.A., redoutant que l’Administration Pénitentiaire ne se débarrasse de certaines personnes détenues un peu rebelles et / ou subversives en les faisant abusivement interner, ce qui est assez courant. Il semble qu’il n’y ait pas eu de dérapages. Cela dit, reste la question principale : beaucoup de malades mentaux n’avaient rien à faire en prison, où ils constituent un danger pour eux-mêmes , pour leurs codétenus ,  et pour le personnel. Donc, fallait-il les mettre en prison ? La réponse est, évidemment, négative mais on connaît, hélas, les raisons de cette … folie. La diminution drastique de l’offre de soins en milieu ouvert depuis 20 ans et la réticence des experts à déclarer un délinquant ou un criminel irresponsable, en raison de la pression de certaines associations de victimes et, notamment , du trop célèbre « Institut » (néo-fasciste) pour la Justice…  C’est donc toute la politique de Santé mentale qu’il faudrait repenser  en amont…

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Tous les matins, médecins et infirmiers franchissent un détecteur de métaux, sous l’oeil de gardiens, pour prendre leur poste à l’Unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) de Lyon, « hôpital-prison » où ils tentent de mener un travail de soins psychiatriques entre les murs.

Car ici, les patients sont des détenus, arrivés en état de crise le plus souvent, pour des séjours de moins de dix semaines en moyenne.

« C’est un hôpital », insiste Pierre, aide-soignant. Les gardiens ne contrôlent que l’entrée de cette structure pilote ouverte en mai 2010.

Depuis, seuls deux autres U.H.S.A. sont sortis de terre, à TOULOUSE et NANCY contre neuf prévus avant 2012 par le gouvernement sortant. L’U.H.S.A. de LYON avait suscité des critiques, Nicolas SARKOZY envenimant le débat en parlant d’hôpital-prison « pour pédophiles ».

Après deux ans de fonctionnement à Lyon, Pierre LAMOTHE, médecin-chef du service médico-psychologique régional (SMPR) de Lyon, qui a porté le projet, défend une structure permettant d’extraire de l’univers carcéral les détenus souffrant de problèmes psychiatriques.

Ici, que ce soit lors du service des repas ou des promenades, « vous avez toujours un soignant comme interlocuteur » et non des gardiens, « et ça change tout », assure-t-il.

« C’est un outil de soins qu’on a façonné », ajoute le docteur Eve BECACHE, défendant un « lieu de soins, pas sécuritaire ».

L’établissement propose, outre les rendez-vous avec les cinq psychiatres (pour 60 patients), différents ateliers comme l’arthérapie, dans une salle où s’accumulent les sculptures et peintures des patients.

« A la fois, on est au courant de leur histoire, pour savoir où les amener, et on doit l’oublier, parce qu’on travaille avec l’être humain, son côté sain, pas avec son crime », dit Julie KORP, l’arthérapeute américaine du centre, dont la robe jaune vif tranche avec la sobriété du lieu.

Ici, le personnel dit « patient » et non « détenu », « chambre » et non « cellule ». Certains détenus ont une clef de leur chambre, avec laquelle ils peuvent sortir à heures fixes, leur porte étant fermée le reste du temps par une double-serrure.

Parmi eux, un schizophrène ayant agressé un couple et leur enfant a été transféré de la maison d’arrêt lyonnaise de CORBAS. « J’étais un peu suicidaire. Là j’ai un bon médicament », explique-t-il en recevant dans sa chambre donnant sur le terrain de basket.

Une BD des Schtroumpfs traîne tandis qu’il regarde une émission de téléréalité en attendant le repas de midi, pris en chambre sauf les jours d’atelier de « repas thérapeutique », par petit groupe de quelques patients, pour réapprendre à s’investir dans un projet.

Car certains patients arrivent dans un état de grande détresse, dans cette structure qui prend notamment en charge les détenus suicidaires. A travers le hublot de surveillance des chambres, on voit des hommes prostrés sur leur lit ou faisant les cent pas, l’air hagard.

Une salle de balnéothérapie, avec un bain à bulles, est là pour leur redonner le goût de « prendre soin d’eux-mêmes », dans le cadre du projet de soins. Mais les rasoirs manuels sont interdits et les douches sans tuyau, afin d’éviter les suicides. En deux ans, un patient a réussi à se suicider.

« On ne peut pas faire un travail exhaustif, mais on peut améliorer la qualité relationnelle des patients, pour leur permettre un retour à un soin ambulatoire », en prison, explique Pierre LAMOTHE, se félicitant que la moitié des 60 patients de l’U.H.S.A. y soient à leur demande.

Le docteur LAMOTHE se dit « totalement sceptique » quant à la poursuite du projet UHSA par le nouveau gouvernement de gauche, pour des raisons « idéologiques » mais aussi budgétaires, la construction d’un UHSA coûtant 20 millions d’euros et son fonctionnement annuel huit millions d’euros, payés par le ministère de la Santé.

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pour se faire une opinion complète, lire le rapport de visite de l’ U.H.S.I. de LYON rendu public par le C.G.L.P.L

(cliquer ici )

 Publié par à 18 h 59 min
Jan 092011
 

Philippe GELUK - le meilleur du chat

Nous avons déjà consacré un dossier complet aux U.H.S.A. , à l’occasion de l’ouverture du premier Établissement de ce type à LYON (LE VINATIER), le 18 mai 2010. Nous sommes très réservés sur ces structures : d’abord, parce qu’elles traduisent une imbécilité technocratique. Il y a plus de 30 ans, quelques technos ont décidé qu’il y avait trop de psychiatres. On en a donc réduit le nombre, tout en fermant beaucoup de structures permettant un suivi en milieu ouvert. Résultat : de nombreux malades malades mentaux se promènent dans la rue sans aucun suivi. Et – comme ils sont plus fragiles que la population « normale » – ils passent plus facilement à l’acte délictueux ou criminel.

Ils se retrouvent alors en prison… où rien – bien sûr – n’est prévu pour les soigner correctement. Il constituent alors un danger pour eux-mêmes, pour leurs codétenus ou pour le personnel… Il n’est donc pas idiot de penser à créer des structures spécialisées pour les soigner. Mais on ne connaîtra sans doute jamais les noms des imbéciles qui ont impulsé la fermeture des lits de psychiatrie et planifié la réduction du nombre des psychiatres. Il eût été plus « intelligent » de soigner ces malade mentaux en amont, avant qu’ils ne passent à l’acte et ne causent des victimes tout en détruisant leur propre vie et celle de leur famille…

Accessoirement, nous craignons que l’Administration Pénitentiaire – qui pratique déjà couramment les internements abusifs à la soviétique – ne se « débarrasse » des détenus « encombrants » dans ces petits goulags provinciaux… L’auteur de ces lignes sait de quoi il parle puisque le lieutenant E ….. M…… – un dangereux pervers – a tenté de le faire interner à l’H.P. de (28) BONNEVAL, avec deux certificats médicaux de complaisance, alors qu’il se trouvait détenu au C.D. de (28) CHATEAUDUN à cette époque en proie à la corruption et à l’anarchie . Cet acte moralement criminel n’a fort heureusement duré que 24 heures car les médecins ont estimé que François KORBER n’avait strictement rien à faire dans un Hôpital psychiatrique… Il ‘agissait – tout simplement, si l’on ose dire – de se « débarrasser » d’un « emm….eur » gênant pour les petites et grandes magouilles du Centre de Détention. S’il n’avait pas réagi avec sang-froid, François KORBER serait encore en train de crever dans cet Hôpital , shooté aux piqûres de neuroleptiques.

La prochaine U.H.S.A. ouverte devrait l’être à TOULOUSE , au sein de l’Hôpital MARCHANT pour accueillir des personnes détenues atteintes de troubles mentaux, comme l’explique LA DÉPÊCHE.fr de ce dimanche 9 janvier 2001 :

« (…) Les travaux ont démarré à l’été 2010 et le premier étage est déjà monté à l’arrière de l’établissement.

Comme TOULOUSE, huit établissements du même type devraient ouvrir en 2011-2012 en FRANCE. L’unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) sera gérée par l’administration pénitentiaire pour les murs et la sécurité et par l’hôpital pour le fonctionnement. L’U.H.S.A. de MARCHANT pourra accueillir une quarantaine de détenus des établissements pénitentiaires de MIDI-PYRÉNÉES et du LANGUEDOC-ROUSSILLON. Un hôpital prison ? « Nous ne sommes pas pour une politique sécuritaire mais nous n’avons pas non plus de recul sur les UHSA. Tant que le but reste de mieux soigner les patients », glisse-t-on à la C.G.T (…) ». L’avenir dira si le choix de TOULOUSE était le bon puisque, en 2007, d’autres membres de la C.G.T. préconisaient la construction d’une UHSA au sein des hôpitaux de (65) LANNEMEZAN...

à lire : d’intéressants documents …

– dans un texte très pédagogique réalisé par la C.G.T.-SANTE : télécharger le PDF

–  sur un « site non officiel » intitulé ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE

(ce site « non officiel » nous intrigue… Merci à tout internaute pouvant nous informer sur ce site « non officiel , site personnel réalisé par un particulier » (sic). Nous sommes, bien évidemment, très méfiants envers tout ce qui est « anonyme »…)

 Publié par à 1 h 54 min