Mai 202012
 

une chambre de l'UHSA de LYON © A.F.P

Nous reproduisons ci-dessous une excellente « DÉPÊCHE » de « LIBÉRATION » (non signée), et consacrée aux U.H.S.A. Comme beaucoup nous étions perplexes lors de l’ouverture de la première U.H.S.A., redoutant que l’Administration Pénitentiaire ne se débarrasse de certaines personnes détenues un peu rebelles et / ou subversives en les faisant abusivement interner, ce qui est assez courant. Il semble qu’il n’y ait pas eu de dérapages. Cela dit, reste la question principale : beaucoup de malades mentaux n’avaient rien à faire en prison, où ils constituent un danger pour eux-mêmes , pour leurs codétenus ,  et pour le personnel. Donc, fallait-il les mettre en prison ? La réponse est, évidemment, négative mais on connaît, hélas, les raisons de cette … folie. La diminution drastique de l’offre de soins en milieu ouvert depuis 20 ans et la réticence des experts à déclarer un délinquant ou un criminel irresponsable, en raison de la pression de certaines associations de victimes et, notamment , du trop célèbre « Institut » (néo-fasciste) pour la Justice…  C’est donc toute la politique de Santé mentale qu’il faudrait repenser  en amont…

________________________________________________________________________________________________

Tous les matins, médecins et infirmiers franchissent un détecteur de métaux, sous l’oeil de gardiens, pour prendre leur poste à l’Unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) de Lyon, « hôpital-prison » où ils tentent de mener un travail de soins psychiatriques entre les murs.

Car ici, les patients sont des détenus, arrivés en état de crise le plus souvent, pour des séjours de moins de dix semaines en moyenne.

« C’est un hôpital », insiste Pierre, aide-soignant. Les gardiens ne contrôlent que l’entrée de cette structure pilote ouverte en mai 2010.

Depuis, seuls deux autres U.H.S.A. sont sortis de terre, à TOULOUSE et NANCY contre neuf prévus avant 2012 par le gouvernement sortant. L’U.H.S.A. de LYON avait suscité des critiques, Nicolas SARKOZY envenimant le débat en parlant d’hôpital-prison « pour pédophiles ».

Après deux ans de fonctionnement à Lyon, Pierre LAMOTHE, médecin-chef du service médico-psychologique régional (SMPR) de Lyon, qui a porté le projet, défend une structure permettant d’extraire de l’univers carcéral les détenus souffrant de problèmes psychiatriques.

Ici, que ce soit lors du service des repas ou des promenades, « vous avez toujours un soignant comme interlocuteur » et non des gardiens, « et ça change tout », assure-t-il.

« C’est un outil de soins qu’on a façonné », ajoute le docteur Eve BECACHE, défendant un « lieu de soins, pas sécuritaire ».

L’établissement propose, outre les rendez-vous avec les cinq psychiatres (pour 60 patients), différents ateliers comme l’arthérapie, dans une salle où s’accumulent les sculptures et peintures des patients.

« A la fois, on est au courant de leur histoire, pour savoir où les amener, et on doit l’oublier, parce qu’on travaille avec l’être humain, son côté sain, pas avec son crime », dit Julie KORP, l’arthérapeute américaine du centre, dont la robe jaune vif tranche avec la sobriété du lieu.

Ici, le personnel dit « patient » et non « détenu », « chambre » et non « cellule ». Certains détenus ont une clef de leur chambre, avec laquelle ils peuvent sortir à heures fixes, leur porte étant fermée le reste du temps par une double-serrure.

Parmi eux, un schizophrène ayant agressé un couple et leur enfant a été transféré de la maison d’arrêt lyonnaise de CORBAS. « J’étais un peu suicidaire. Là j’ai un bon médicament », explique-t-il en recevant dans sa chambre donnant sur le terrain de basket.

Une BD des Schtroumpfs traîne tandis qu’il regarde une émission de téléréalité en attendant le repas de midi, pris en chambre sauf les jours d’atelier de « repas thérapeutique », par petit groupe de quelques patients, pour réapprendre à s’investir dans un projet.

Car certains patients arrivent dans un état de grande détresse, dans cette structure qui prend notamment en charge les détenus suicidaires. A travers le hublot de surveillance des chambres, on voit des hommes prostrés sur leur lit ou faisant les cent pas, l’air hagard.

Une salle de balnéothérapie, avec un bain à bulles, est là pour leur redonner le goût de « prendre soin d’eux-mêmes », dans le cadre du projet de soins. Mais les rasoirs manuels sont interdits et les douches sans tuyau, afin d’éviter les suicides. En deux ans, un patient a réussi à se suicider.

« On ne peut pas faire un travail exhaustif, mais on peut améliorer la qualité relationnelle des patients, pour leur permettre un retour à un soin ambulatoire », en prison, explique Pierre LAMOTHE, se félicitant que la moitié des 60 patients de l’U.H.S.A. y soient à leur demande.

Le docteur LAMOTHE se dit « totalement sceptique » quant à la poursuite du projet UHSA par le nouveau gouvernement de gauche, pour des raisons « idéologiques » mais aussi budgétaires, la construction d’un UHSA coûtant 20 millions d’euros et son fonctionnement annuel huit millions d’euros, payés par le ministère de la Santé.

__________________________________________________________________________________________________

pour se faire une opinion complète, lire le rapport de visite de l’ U.H.S.I. de LYON rendu public par le C.G.L.P.L

(cliquer ici )

 Publié par à 18 h 59 min
Jan 092011
 

Philippe GELUK - le meilleur du chat

Nous avons déjà consacré un dossier complet aux U.H.S.A. , à l’occasion de l’ouverture du premier Établissement de ce type à LYON (LE VINATIER), le 18 mai 2010. Nous sommes très réservés sur ces structures : d’abord, parce qu’elles traduisent une imbécilité technocratique. Il y a plus de 30 ans, quelques technos ont décidé qu’il y avait trop de psychiatres. On en a donc réduit le nombre, tout en fermant beaucoup de structures permettant un suivi en milieu ouvert. Résultat : de nombreux malades malades mentaux se promènent dans la rue sans aucun suivi. Et – comme ils sont plus fragiles que la population « normale » – ils passent plus facilement à l’acte délictueux ou criminel.

Ils se retrouvent alors en prison… où rien – bien sûr – n’est prévu pour les soigner correctement. Il constituent alors un danger pour eux-mêmes, pour leurs codétenus ou pour le personnel… Il n’est donc pas idiot de penser à créer des structures spécialisées pour les soigner. Mais on ne connaîtra sans doute jamais les noms des imbéciles qui ont impulsé la fermeture des lits de psychiatrie et planifié la réduction du nombre des psychiatres. Il eût été plus « intelligent » de soigner ces malade mentaux en amont, avant qu’ils ne passent à l’acte et ne causent des victimes tout en détruisant leur propre vie et celle de leur famille…

Accessoirement, nous craignons que l’Administration Pénitentiaire – qui pratique déjà couramment les internements abusifs à la soviétique – ne se « débarrasse » des détenus « encombrants » dans ces petits goulags provinciaux… L’auteur de ces lignes sait de quoi il parle puisque le lieutenant E ….. M…… – un dangereux pervers – a tenté de le faire interner à l’H.P. de (28) BONNEVAL, avec deux certificats médicaux de complaisance, alors qu’il se trouvait détenu au C.D. de (28) CHATEAUDUN à cette époque en proie à la corruption et à l’anarchie . Cet acte moralement criminel n’a fort heureusement duré que 24 heures car les médecins ont estimé que François KORBER n’avait strictement rien à faire dans un Hôpital psychiatrique… Il ‘agissait – tout simplement, si l’on ose dire – de se « débarrasser » d’un « emm….eur » gênant pour les petites et grandes magouilles du Centre de Détention. S’il n’avait pas réagi avec sang-froid, François KORBER serait encore en train de crever dans cet Hôpital , shooté aux piqûres de neuroleptiques.

La prochaine U.H.S.A. ouverte devrait l’être à TOULOUSE , au sein de l’Hôpital MARCHANT pour accueillir des personnes détenues atteintes de troubles mentaux, comme l’explique LA DÉPÊCHE.fr de ce dimanche 9 janvier 2001 :

« (…) Les travaux ont démarré à l’été 2010 et le premier étage est déjà monté à l’arrière de l’établissement.

Comme TOULOUSE, huit établissements du même type devraient ouvrir en 2011-2012 en FRANCE. L’unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) sera gérée par l’administration pénitentiaire pour les murs et la sécurité et par l’hôpital pour le fonctionnement. L’U.H.S.A. de MARCHANT pourra accueillir une quarantaine de détenus des établissements pénitentiaires de MIDI-PYRÉNÉES et du LANGUEDOC-ROUSSILLON. Un hôpital prison ? « Nous ne sommes pas pour une politique sécuritaire mais nous n’avons pas non plus de recul sur les UHSA. Tant que le but reste de mieux soigner les patients », glisse-t-on à la C.G.T (…) ». L’avenir dira si le choix de TOULOUSE était le bon puisque, en 2007, d’autres membres de la C.G.T. préconisaient la construction d’une UHSA au sein des hôpitaux de (65) LANNEMEZAN...

à lire : d’intéressants documents …

– dans un texte très pédagogique réalisé par la C.G.T.-SANTE : télécharger le PDF

–  sur un « site non officiel » intitulé ADMINISTRATION PÉNITENTIAIRE

(ce site « non officiel » nous intrigue… Merci à tout internaute pouvant nous informer sur ce site « non officiel , site personnel réalisé par un particulier » (sic). Nous sommes, bien évidemment, très méfiants envers tout ce qui est « anonyme »…)

 Publié par à 1 h 54 min
Oct 072010
 

le C.P. de BÉZIERS

_____________________________________________________________________________________________________________________________

Le Centre pénitentiaire de BÉZIERS, d’une capacité de 810 places, a été mis en service en novembre 2009 avec la fermeture concomitante de la vieille maison d’arrêt, datant de 1869. L’établissement est situé sur la route de SAINT-PONS, sur un plateau qui fait face à la cathédrale SAINT-NAZAIRE de BÉZIERS (34). Il se situe à environ une heure de MONTPELLIER, grande métropole de la région LANGUEDOC- ROUSSILLON

Un article du MIDI LIBRE de ce jeudi 7 octobre 2010 est très révélateur de l’insuffisance des moyens dévolus à la psychologie et à la psychiatrie dans les prisons. Ce qui est le principal moyen d’éviter les suicides. Et de « soigner » sérieusement les personnes détenues qui ont commis des infractions liées à un « problème » : toxicomanie, alcool, sexualité…

Tous les professionnels  savent qu’une infraction – crime ou délit – trouve toujours sa source dans une histoire personnelle mal dominée. Enfermer ? Peut-être… mais encore faudrait-il que le « temps d’arrêt » imposé donne une occasion, notamment, de suivre une psychothérapie, par exemple. Tous les professionnels, là aussi, savent que  « ça marche ».

Reste à déterminer combien de ces personnes auraient  pu éviter de commettre un crime ou un délit – et , donc, de causer une (des) victime(e) – si on avait dépisté leurs problèmes en temps utile. Cela s’appelle LA  PRÉVENTION.

C’est, évidemment, tout un état d’esprit qu’il faudrait changer, à rebours de l’hystérie sécuritaire qui frappe notre Pays depuis la prise de pouvoir d’un certain Nicolas SARKOZY et de ses séides. Cette prison neuve, ne l’oubliez pas, a  été construite par une Société cotée en Bourse. Elle fonctionne grâce à des Sociétés cotées en Bourse. L’État n’en est que locataire, avec vos impôts. La Cour des Comptes a formellement établi que ces prisons à gestion mixte, ou prisons en P.P.P. (Partenaire Public Privé) engraissent de grands groupes privés, naturellement choyés par le Pouvoir actuel. Dans cette logique criminelle – avec une « industrie de la prison » discrètement mise en place depuis 20 ans sur le modèle américain importé par le tristement célèbre homme d’  »affaires »  Albin CHALANDON en 1987 et développé par sa fidèle groupie Rachida DATI – un psychologue ou un psychiatre , cela ne présente aucun « intérêt ».

Ce n’est, financièrement, pas « rentable ». Il ne faut donc pas s’étonner que la FRANCE soit premier rang ( d’infamie) en EUROPE en ce qui concerne les suicides ou le taux de récidive.

Rappelons que les conditions de travail des personnels dans ces usines carcérales de 800 places sont, elles aussi, inhumaines.

Vous ne pourrez pas dire, un jour :  « On  ne savait pas. On n’avait pas voulu ça ! »  lorsque votre fils, votre père ou votre époux « tombera » en prison. Ce qui peut arriver à tout le monde.

On vous aura prévenus.

Rejoignez-nous pour nous aider à combattre concrètement ce système malfaisant.

_________________________________________________________________

Par une curieuse coïncidence temporelle, LE POST et LIBÉRATION  publient un autre article sur le C.P. de BÉZIERS, où fonctionne un système de vidéo-surveillance « pas vraiment légal ». Cette fois, ce sont les syndicats de surveillants qui se plaignent auprès du Ministère et de la C.N.I.L. parce qu’ils se sentent « fliqués » par ces caméras.

PRISON / Max PPP

Ironie du sort , ce sont pourtant les mêmes syndicats, totalement rétrogrades, qui ont – durant des années – hurlé à l’insécurité en s’opposant à tout progrès et à toute humanisation des prisons. Et poussé au « Tout-Sécuritaire » … « L’arroseur arrosé », en quelque sorte !

Il n’en demeure pas moins que ROBIN DES LOIS condamne avec fermeté ces usines carcérales où les caméras et le tout-électronique  ont  supprimé tout contact humain au détriment des personnes détenues. Et des surveillants, bien entendu… Il n’est pas possible de les détruire. Mais il est possible de s’opposer, en toute légalité  – par la voie judiciaire – au plan délirant de 17 000 places que nous préparent la D.A.P. et Michèle ALLIOT-MARIE.

Vous pouvez nous y aider. Rejoignez – nous !








 Publié par à 22 h 51 min
Mai 222010
 

REUTERS / Robert PRATTA

quelle prise en charge des détenus souffrant de troubles psychiatriques ?

La prison est pathogène

Les détenus souffrant de troubles de la personnalité et troubles psychotiques représentent entre 20 % et 25 % de la population actuellement détenue.

Pour Christiane de BEAUREPAIRE, ancienne chef du service psychiatrique de la prison de FRESNES : « Deux études récentes l’expliquent très bien : la moitié des arrivants en détention présentent des troubles psychiatriques, 30% environ souffrent de névroses avérées et graves. Plus des deux tiers ont connu des événements traumatiques, précoces, divers, nombreux, engendrant des vulnérabilités dépressives et anxieuses. » (lire l’interview complète Interview de Christiane de BEAUREPAIRE par Julie JOLY – L’EXPRESS du 22 janvier 2009 et aussi Christiane de BEAUREPAIRE  « Interne en prison ? De la folie ? »).

Pour le docteur Louis ALBRAND, auteur d’un rapport sur le suicide en prison et coordonnateur d’un collectif pour l’humanisation des prisons et des hôpitaux psychiatriques : « De nombreux malades sont mal soignés, sans traitement, et donc potentiellement dangereux. Ils vivent souvent dans la rue, se droguent et/ou boivent… Et finissent par se retrouver en prison. Ensuite, c’est un cercle vicieux. Le climat pénitentiaire exacerbe et aggrave ces maladies, alors que les prisons manquent cruellement de psychiatres. S’ils sortent, ils vont y retourner. Pour moi, ces déficiences de la prise en charge psychiatrique en FRANCE expliquent en grande partie les 40% de récidive, ou les suicides en prison. » (Interview complète du Dr Louis ALBRAND par Anouchka COLLETTE, le 21 mai 2010 à lire sur le site de Rue 89)

ce que propose la loi

La loi n° 2002-1138 du 9 septembre 2002 d’orientation et de programmation pour la justice a prévu la mise en place d’unités hospitalières spécialement aménagées (UHSA) pour l’hospitalisation complète des personnes détenues atteintes de troubles mentaux. Les UHSA ont vocation à améliorer ainsi l’offre d’accès aux soins au bénéfice de ces patients détenus. Ils représentent le chaînon nécessaire dans la prise en charge entre les SMPR et les UMD. (ici un document rappelant le fonctionnement actuel de la prise en charge psychiatrique des détenus)

Il est ainsi mis fin à l’hospitalisation (complète) en SMPR, et toute personne détenue atteinte de troubles mentaux nécessitant une hospitalisation complète sera hospitalisée dans les UHSA, avec ou sans son consentement.

Le programme prévu d’implantation des UHSA comporte deux tranches. La première tranche, d’une capacité de 440 places sur 9 sites, doit être réalisée d’ici à 2012. La première UHSA a ouvert à LYON le 18 mai 2010.

Sites des futures UHSA : VILLEJUIF, MARSEILLE, LILLE, ORLÉANS, LYON, TOULOUSE, NANCY, BORDEAUX et RENNES, pour un total de 440 places (Source : Chancellerie).

La seconde tranche – comportant 265 places sur 8 sites – sera réalisée à partir de 2010-2011.

ouverture de la première UHSA à LYON

visite guidée en images sur le site du FIGARO (reportage de Marion BRUNET)

le premier hôpital psychiatrique carcéral ouvre ce matin à LYON      LIBÉRATION.fr  du 18 mai 2010 par Olivier BERTRAND . Avec un article du vendredi 21 mai 2010 très documenté :  « à LYON, la psychiatrie derrière des barreaux neufs » (cliquer ici )

Reportage de FRANCE – INFO du 18 mai 2010, Le premier hôpital-prison de France ouvre ses portes aujourd’hui

Reportage de TLM

l hôpital psychiatrique du VINATIER, à BRON, accueille la première UHSA de FRANCE

un  hôpital pour détenus, ça ressemble à quoi, au juste ?

C’est l’excellente question posée par 20 MINUTES.fr, dont nous reproduisons in extenso le reportage.

SANTÉ – La première Unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) de FRANCE axe ses soins autour du bien-être du détenu. Avec balnéothérapie médicalisée et ateliers de cuisine…

De l’extérieur, l’imposant bâtiment de béton a tout d’une prison. Seul l’inox poli installé au dessus de l’entrée, égaye un peu les murs. Derrière les vitres sont postés des agents de l’administration pénitentiaire.

La première Unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) destinée à accueillir les détenus ayant d’importants troubles psychiatriques a été inaugurée ce vendredi après-midi à BRON, sur le site de l’hôpital psychiatrique du VINATIER. L’occasion pour 20minutes.fr de visiter les lieux, construits un peu à l’écart du reste.

à lire, les détails de l’inauguration par ici.

A l’extérieur les matons, à l’intérieur les médecins

Une fois les parloirs dépassés et quelques portes ultrasécurisées franchies, le lieu ressemble davantage à un hôpital avec ses couloirs couleur beige et son «plateau de soins». Les chambres sont sobres, équipées d’une télévision placée en hauteur derrière une vitre, d’un petit bureau et d’un coin salle de bains entièrement carrelé. Certaines chambres ont vu sur une cour intérieure où ont été installés une table de ping-pong, un terrain synthétique, un panier de basket et quelques fleurs.

C’est le concept de l’UHSA. Les détenus sont pris en charge à leur arrivée et sortie par des agents de l’administration pénitentiaire. Mais une fois à l’intérieur, ils sont entièrement encadrés par des médecins, infirmiers et aides-soignants. Les surveillants sont à leur disposition si besoin.

Huit détenus déjà hospitalisés

Depuis la mise en service de cet hôpital-prison mardi, huit détenus de la maison d’arrêt de CORBAS sont arrivés. «Tout s’est bien passé», relate le personnel. A terme, soixante personnes qui présentent des pathologies de dépression à tendance suicidaire ou des troubles psychiatriques pourront être soignées dans cet établissement.

«Auparavant, seuls les détenus dangereux pouvaient être pris en charge« , explique Pierre LAMOTHE, psychiatre et responsable du pôle «santé mentale des détenus et psychiatrie légale». « Avec l’UHSA, nous accueillons ceux qui sont aussi en grande souffrance et ceux qui demandent à être soignés. C’est une grande avancée

Le personnel en grève mais présent quand même

Pour soigner les patients, l’UHSA propose de nombreuses activités 24h/24 centrées autour du corps, comme la balnéothérapie, des ateliers de cuisine et du sport. «Les détenus malades parlent difficilement. Il faut donc que la personne prenne soin d’elle et retrouve confiance en elle», souligne Ève BECACHE, médecin psychiatre.

Le personnel soignant, qui mène un mouvement de grève pour ne pas avoir à effectuer des taches sécuritaires comme les fouilles, avait été réquisitionné. Tous avaient donc un discours très formaté. « Nous prenons nos marques, confiait Abdel, infirmier. Nous sommes à l’écoute des patients

Pierre LAMOTHE assure que la contestation s’éteindra «d’elle-même». Et il balaye les arguments des grévistes qui pointent du doigt la confusion entre les soins et la sécurité. «Le risque est beaucoup plus grand dehors quand une infirmière est seule face à un patient dangereux. A l’UHSA, le personnel travaille en équipe. »

en savoir plus

textes relatifs aux modalités de garde, d’escorte et de transport des personnes détenues hospitalisées en raison de troubles mentaux (décret du 18 mai 2010)

________________________________________________________________________________________________


ROBIN DES LOIS se réjouit de ce que les détenus malades mentaux puissent – enfin – être correctement soignés. Mais l’association tient à souligner la « folie » d’un système technocratique qui – entre 1985 et 2005 –  a fait passer le nombre de lits d’hospitalisation en psychiatrie de 129 500 à 89 800, en suite d’une politique de santé publique aberrante… De plus en plus de patients ont donc été suivis chez eux, dans des hôpitaux de jour. Or, sans avoir fait dix ans de médecine, chacun peut comprendre qu’un psychotique ou un schizophrène – livré à lui- même dans  la rue – passe plus facilement à l’acte  délictuel ou criminel qu’un citoyen « normal ». C’est l’une des raisons pour lesquelles, au fil des années, les prisons se sont remplies de malades mentaux profonds… Avec des surveillants non formés pour les soigner… Et un manque criant de psychiatres et de psychologues. De ce fait  – en oubliant totalement les victimes inutiles résultant de cette politique … démentielle – le gouvernement propose , maintenant, de vider les prisons en créant … les hôpitaux psychiatriques spécialisés que l’on a commencé à supprimer en 1985 !

C’est mieux que rien, mais cette « folie » technocratique  souligne, une fois de plus, la nécessité absolue d’un contrôle citoyen sur les politiques publiques. Plus jamais ça !

Toutes les associations devront, par ailleurs, se montrer extrêmement vigilantes sur les personnes affectées dans ces U.H.S.A. puisque l’A.P. avait déjà coutume d’employer l’H.O. (Hospitalisation d’Office) pour se « débarrasser » de détenus qualifiés de « malades » parce qu’ils étaient – simplement – un peu quérulents ou jugés « subversifs »…


Mai 212010
 

l incarcération aggrave les troubles mentaux

On observe, dans les prisons françaises, une proportion très élevée de personnes atteintes de troubles mentaux dont la prise en charge n’est pas assurée de manière satisfaisante dans l’univers carcéral.

Sur la base de ce constat, les commissions des lois et des affaires sociales du Sénat ont constitué un groupe de travail commun chargé d’analyser les causes de cette situation (évolution du cadre juridique, réduction de l’offre de soins hospitaliers psychiatriques, conduite des expertises psychiatriques…) et les conditions dans lesquelles les soins sont dispensés aux auteurs d’infractions atteints de troubles mentaux.

Après avoir procédé à une cinquantaine d’auditions et effectué plusieurs déplacements, notamment en Suisse et en Belgique, ce groupe de travail explore, dans son rapport, les pistes susceptibles de mieux encadrer la responsabilité pénale des malades mentaux et d’améliorer la prise en charge de ces personnes, dans leur intérêt et celui de la société.

Rapport du Sénat

Comme le constate un article du MONDE du 11 mai 2010 :

« Les prisons françaises accueillent de plus en plus de personnes atteintes de maladies psychiatriques, par l’effet presque mécanique de la baisse des capacités d’hospitalisation de ce secteur, passées entre 1985 et 2005 de 129 500 à 89 800 lits.

Outre ce phénomène, « plusieurs facteurs concourent à la reconnaissance plus fréquente de la responsabilité pénale des personnes atteintes de troubles mentaux », lit-on dans le rapport.

Une réforme de 1993 qui a distingué « abolition » du discernement, où la sanction pénale est impossible, et « altération », où l’emprisonnement redevient une option, a abouti à l’incarcération presque habituelle de personnes démentes.

L’absence d’expertise psychiatrique, fréquente en matière correctionnelle, conduit les tribunaux à juger des personnes qui relèvent de la médecine.

Les conséquences de ce phénomène sont graves car les soins dispensés en prison sont presque toujours insuffisants ou absents. L’incarcération peut aggraver les troubles mentaux, ce qui amène un risque accru pour la société lors de la libération des détenus malades, explique le rapport.

Jean-René LECERF, sénateur UMP du Nord

Les sénateurs Jean-René LECERF (UMP), Christiane DEMONTES (PS), Jean-Pierre MICHEL (PS) et Gilbert BARBIER (Centre) proposent de relancer de manière générale la psychiatrie, suggèrent la création de nouveaux établissements et services médicaux spécialisés et la réforme de l’expertise judiciaire. Ils proposent l’atténuation systématique de la peine en cas « d’altération » de la responsabilité, mais avec obligation de soins pendant et après la détention. »

rapport d’information de M. Gilbert BARBIER, Mme Christiane DEMONTÈS, MM. Jean-René LECERF et Jean-Pierre MICHEL, fait au nom de la commission des lois et de la commission des affaires sociales n° 434 (2009-2010) – 5 mai 2010

synthèse du rapport

article non signé publié sur le site le village de la justice ce mercredi 12 mai 2010

article d’Émilie JARDIN pour LE  NOUVEL  OBS. com