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conditions de détention : la FRANCE condamnée

25 avril, 2013 (21:15) | conditions de détention, Cour Européenne des Droits de l'Homme | Par: admin

Le requérant, Enzo CANALI, est un ressortissant français né en 1953 et résidant à Nancy
(France). Il fut placé en détention provisoire de janvier 2003 à mars 2006 pour des faits
de meurtre. Le 24 mai 2006, il fut condamné à huit ans d’emprisonnement et
immédiatement incarcéré à la maison d’arrêt Charles III de Nancy. Invoquant l’article 3
(interdiction des traitements inhumains ou dégradants), le requérant se plaint d’avoir été
soumis à des conditions de détention inhumaines et dégradantes à la maison d’arrêt
Charles III de Nancy (laquelle ferma définitivement en 2009). Invoquant les articles 6
(droit à un procès équitable) et 13 (droit à un recours effectif), il se plaint également de
n’avoir pu accéder au juge pénal pour soumettre son grief relatif à ses conditions de détention.

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La Cour Européenne des Droits de l’Homme vient de condamner la FRANCE dans un arrêt publié ce jeudi 25 avril 2013 . .. Une fois de plus… Dans nombre de « nos » prisons, les conditions de détention sont indignes. Faut-il, pour autant, construire de nouvelles usines carcérales ? Certainement pas, car elles sont tout aussi inhumaines et redoutables, pour les personnels comme pour les personnes détenues : architecture insensée, systèmes électroniques déshumanisants, rupture de tout lien « humain ». ROBIN DES LOIS rappelle sa position, inchangée : rénover les vieilles prisons et en faire, aussi souvent que possible, des Centres de semi-liberté, dont nous manquons. Développer les peines alternatives , ce qui semble être la volonté de Christiane TAUBIRA. Cette « nouvelle politique » ne peut toutefois réussir qu’avec des moyens humains ( travailleurs sociaux pour assurer le suivi des personnes condamnées à des T.I.G. ou bénéficiant de peines aménagées…). On ne voit pas, hélas, quels moyens financiers vont pouvoir être mis en œuvre dans le Budget 2014, alors même que la Garde des Sceaux a « repris » une réforme que nous avions arrachée à Michèle ALLIOT-MARIE , sous de vagues prétextes budgétaires : la télévision à 8 € par mois – soit le prix coûtant – partout, au 1 er janvier 2013. Nous y reviendrons.

l'ancienne prison Charles III

lire la dépêche A.F.P.        L’arrêt complet n’est pas encore disponible sur le site de la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Nous le publierons dès qu’il sera en ligne.

l’ancienne prison Charles III

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conference de consensus : les recommandations

20 février, 2013 (23:52) | actualités, criminologie, exécution des peines, peines alternatives, politique pénale, réinsertion | Par: admin

La Conférence de consensus sur la prévention de la récidive a travaillé depuis des mois, sous la Présidence de Nicole MAESTRACCI

On trouvera ici l’historique des travaux

La semaine dernière, avant l’audition publique des experts, une passionnante synthèse des contributions et auditions avait été publiée (cliquer ici pour le PDF)

Et, ce mercredi 20 février, à 19 heures,  les préconisations du Jury étaient remises au Premier Ministre ( cliquer ici pour consulter le document)

Il s’agit d’un extraordinaire projet de révolution pénale, pour sanctionner autrement et plus intelligemment. Formulons le souhait que ces recommandations ne restent pas lettre morte, faute de moyens humains, notamment ( C.I.P., en particulier)

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l’enfer de CHATEAUDUN

20 février, 2013 (23:35) | conditions de détention | Par: admin

Comme l’ont noté de nombreux visiteurs, notre modeste site a subi quelques ennuis, à la suite d’une attaque virale. Nous avons dû renoncer à publier de nombreux documents depuis quelques semaines. Nous espérons pouvoir assurer une remise en service rapide de ce blog

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des travaux en urgence aux BAUMETTES

20 février, 2013 (23:31) | conditions de détention | Par: admin

avec LE MONDE.fr

C’est une défaite en rase campagne : avant même de connaître la décision du juge des référés du Conseil d’État, attendu samedi 22 décembre à la mi-journée, l’administration pénitentiaire a engagé à la prison des Baumettes une lourde campagne de travaux, dont elle ne soupçonnait pas l’ampleur la semaine précédente.

Après l’émotion provoquée le 6 décembre par le rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté sur la prison marseillaise des Baumettes, l’Observatoire international des prisons (OIP) a réclamé des travaux urgents devant le Tribunal Administratif de Marseille. L’administration pénitentiaire n’a pas jugé utile de se déplacer jusqu’à l’audience, mais le juge des référés lui a imposé le 13 décembre d’enlever les ordures, de vérifier que chaque cellule « dispose d’un éclairage et d’une fenêtre » et d’arrêter de déposer les repas sur le sol, à la grande déception des rats et des cafards.

L’OIP ne s’était pas satisfait de ces demi-mesures, et a réclamé le 20 décembre de revoir les installations électriques dans une prison saturée d’humidité, de retirer des cellules « tout objet dangereux », notamment les morceaux de verre sur les fenêtres cassées, d’éradiquer les rats et de garantir un accès des détenus à l’eau potable.

40 PORTES, 1 000 AMPOULES ET PLUSIEURS TONNES DE MATÉRIEL

L’audience en référé a tourné à la déroute de l’administration. Une représentante du contrôleur des prisons a confirmé qu’un rat mort dans une coursive y était encore quinze jours plus tard et qu’un détenu en était réduit à puiser l’eau de ses toilettes. L’administration a juré que des travaux étaient lancés; le juge lui a accordé une demi-journée pour en apporter la preuve.

Les bons de commande sont arrivés par brassée vendredi : l’administration refait en urgence la plomberie, l’électricité et les peintures de 40 cellules, enrôle 36 détenus en « renfort hygiène » et embauche un peintre, deux électriciens, deux plombiers, un menuisier. Elle a acheté 40 portes, autant de fenêtres et de lavabos, 1 000 ampoules et plusieurs tonnes de matériel. « L’administration a enfin pris conscience de la nécessité d’intervenir en urgence, indique Me Patrice SPINOSI, l’avocat de l’OIP. Il est tout de même dommage qu’il ait fallu saisir deux fois le juge administratif pour obtenir les travaux réclamés par le contrôleur général ».

L’entreprise de dératisation a aussi été priée de mettre les bouchées doubles. « Je suis bien conscient que les délais sont extrêmement courts, lui a écrit l’administration pénitentiaire, mais c’est pour nous d’une importance capitale. »

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nouveaux incidents à SAINT-MARTIN-DE-RE

9 décembre, 2012 (12:29) | actualités, conditions de détention, mobilisations | Par: admin

Ce samedi 8 décembre, les responsables de SAINT-MARTIN-DE-RE, au lieu de nettoyer les Écuries d’AUGIAS, ont franchi un pas de plus dans l’escalade, en bloquant les parloirs. Ce blocage est rarissime dans les prisons et – même les surveillants les plus irresponsables (ce qui n’est pas le cas de tous, bien entendu) – n’utilisent jamais cette « arme » pour faire valoir leurs revendications. Ils savent que de telles actions peuvent conduire à une explosion. Ils savent, d’autre part, que certaines familles font 50o ou 1 000 kilomètres, en se saignant aux quatre veines, pour venir au parloir visiter : un père, un fils, un mari… ROBIN DES LOIS émet les plus vives protestations face à de tels agissements, et s’étonne de l’attitude de l’A.P. Au lieu de régler les problèmes, on a tenté de casser le thermomètre en transférant un bouc émissaire,  un meneur tout à fait pacifique.

Faudra-t-il des morts, d’un côté ou de l’autre, pour que la D.A.P. réagisse enfin et règle les problèmes ?

lire l’article d’Éric CHAUVEAU dans SUD-OUEST de ce dimanche 9 décembre

cliché d’illustration par Xavier LEOTY

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graves problèmes à SAINT-MARTIN -DE-RÉ

7 décembre, 2012 (21:44) | mobilisations, personnels pénitentiaires | Par: admin

Immédiatement alertés par l’un de nos « correspondants » locaux, nous avons appris, le mardi 13 novembre 2012, que 80 personnes détenues occupaient pacifiquement la Cour, pour protester contre certaines de leurs conditions de détention et dénoncer les agissements de « l’équipe 4″, une équipe de surveillants déjà mise en cause dans un rapport du C.G.L.P.L. Sans aucun effet sur la Direction de l’Etablissement, en apparence. Après vérifications, ROBIN DES LOIS a alerté la Presse locale, comme le demandaient les détenus. Le jeune homme  considéré comme le meneur à été transféré dès le mardi 13 novemebr , dans des conditions indignes, et placé à l’isolement à POITIERS-VIVONNE. Nous avons saisi le Contrôleur Général des Lieux de Privation de Liberté pour demander une enquête sur ces événements et une intervention pour faire lever la mesure d’isolement qui frappe ce garçon.

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ROBIN DES LOIS en mission…

7 décembre, 2012 (21:18) | conditions de détention, politique pénale, réinsertion | Par: admin

Comme il arrive fréquemment, François KORBER était invité le samedi 24 novembre 2012, à parler de Justice et de prisons devant le MJS des PAYS DE LOIRE. Avec – en introduction – la projection du « DÉMÉNAGEMENT », de Catherine RECHARD, un superbe documentaire qui montre de vraies images de vraies prisons... Face à ce public de militant(e)s aguerri(e)s, les questions furent nombreuses et le débat très riche. Plus que jamais, notre association est convaincue de la nécessité d’informer, informer et informer encore, si nous voulons arriver à « changer les choses ».

Jacques AUXIETTE (cravate rouge) Président du Conseil Régional des Pays de Loire, François KORBER, et les militant(e)s du MJS de la Région

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article de Yannick SOURISSEAU pour le site ANGERS MAG INFO

Bien dans leur époque, les jeunes du MJS (Mouvement des jeunes socialistes), se considèrent comme le poil à gratter de leurs ainés, actuellement aux manettes de l’État et de nombreuses collectivités. Ceux des Pays de la Loire sont réunis en ce moment sur les bords de Loire, à GENNES, pour se former et réfléchir à de nouveaux modèles de société.

N’allez pas croire que ces jeunes, déjà bien rodés au discours politique, marchent directement dans les pas de leurs ainés, actuellement au pouvoir. « Nous sommes indépendants et la plupart d’entre nous n’ont pas leur carte au PS. Nous sommes avant tout des militants de gauche », déclarent Romain Delaunay, coordinateur régional des jeunes socialistes des Pays de la Loire et Quentin Clément animateur fédéral de Maine et Loire. « Nous les soutenons notamment lors des élections pour distribuer les tracts et les affiches, mais nous avons notre propre courant de pensée, celui qui correspond aux préoccupations des jeunes de notre âge, comme l’emploi ou la situation des prisons en France ».On le savait, les partis politiques, à gauche comme à droite, sont composés de nombreux courants, lesquels ne prennent pas toujours le même chemin pour aller d’un point à un autre. Les récents événements qui se sont déroulés dans le camp opposé, nous l’ont malheureusement rappelé.Mais les 75 jeunes, très solides dans leur tête, réunis en ce moment au domaine de la Boussinière à Gennes, un site avec vue imprenable sur la Loire, ne rentrent pas tout à fait dans cette démarche, puisqu’ils ne sont pas directement dépendants de leurs ainés du PS, même si chacun s’entraide, les uns pour tracter et les autres pour leur accorder les financements dont ils ont besoin. «Nous avons commencé dans l’opposition, ce n’est pas facile pour nous. Nous avons conscience de la situation économique de la France. Nous étudions comment le MJS peut être le relais de l’action gouvernementale, sans être pour autant des simples faire-valoir », poursuit le coordinateur régional qui rappelle au passage que le président Hollande avait inscrit la jeunesse et l’emploi dans ses priorités.

« Ils ont la fraicheur d’esprit pour réfléchir à des sujets sociétaux »

« Nous ne sommes pas toujours d’accord, par exemple sur le cumul des mandats, mais ils nous apportent des idées nouvelles », complète Jacques Auxiette, l’actuel président de la Région des Pays de la Loire, venu discuter avec ceux qu’il apprécie et respecte. Ancien proviseur de lycée, ce dernier a toujours gardé un contact étroit avec les plus jeunes, proposant même des actions à leur attention.« C’est un laboratoire d’idée. Ils ont la fraicheur d’esprit et peuvent réfléchir à des sujets sociétaux qui les concernent ou vont les concerner et pour lesquels nous avons, nous les plus vieux, des difficultés à le faire », poursuit le président Auxiette.Présente également pendant ces journées, la vice-présidente du conseil régional et saumuroise, Sophie Saramito, se réjouit que ces jeunes, dans lesquels elle fonde beaucoup d’espoir aient choisi sa région pour organiser leur rassemblement régional. « Ils démontrent par ce choix que tous les territoires les intéressent. Le MJS permet d’exprimer des idées avec un certain esprit rebelle, sans pouvoir être encore des guides pour le parti ».Pendant ces deux jours, les jeunes du MJS vont réfléchir sur la situation des prisons en France, avec François Korber, ancien détenu et président de « Robin des lois », mais aussi travailler leur prise de parole, les relations avec la presse, l’écriture d’un tract politique. Ils participeront également à des ateliers-débat concernant notamment l’aéroport de Notre Dame des Landes, l’avenir de la décentralisation ou encore le droit de vote des étrangers.

Autant de sujets desquels devraient surgir des points de désaccord, pas toujours plaisants pour les camarades élus de la République. Même s’ils doivent désormais accompagner le changement, les jeunes tiennent à leur indépendance d’esprit et veulent pouvoir infléchir le cap choisi par leurs ainés. Fonder l’espoir dans la jeunesse, ça passe aussi par là.

lire l’article sur le site d’ ANGERS MAG INFO

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un détenu s’est pendu à la M.A. de PRIVAS

11 novembre, 2012 (22:06) | suicides | Par: admin

          LYON (AFP) – vendredi 9 novembre 2012

Un détenu a été trouvé pendu ce vendredi 9 novembre au matin dans sa cellule à la maison d’arrêt de PRIVAS, a-t-on appris de source proche de l’administration pénitentiaire, confirmant une information de la radio FRANCE BLEU  DRÔME – ARDÈCHE.

voir le zoom : L'intérieur d'une cellule
L’intérieur d’une cellule
AFP/Archives – Denis CHARLET

Un détenu a été trouvé pendu vendredi matin dans sa cellule à la maison d’arrêt de PRIVAS, a-t-on appris de source proche de l’administration pénitentiaire, confirmant une information de la radio FRANCE  BLEU  DRÔME – ARDÈCHE.

Le prévenu était dans l’attente de son procès, pour des faits qui n’ont pas été précisés.

L’Observatoire International des Prisons (OIP) avait constaté en 2011 la recrudescence des suicides en prison, malgré les plans de prévention mis en œuvre ces dernières années, avec plus de 80 suicides cette année-là.

L’administration pénitentiaire refuse de rendre public le nombre de suicides survenus dans les prisons françaises.

© 2012 AFP

la Maison d’ Arrêt de PRIVAS, construite en 1820

 

 

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ROBIN DES LOIS, comme à chaque fois, s’associe à la dénonciation de ces morts absurdes. Certes, diront les cyniques, « on se suicide aussi  dans le monde libre ». Oui, mais nous savons tous que la plupart de ces suicides en prison étaient « évitables ». En d’autres termes, « des morts pour rien » qui, dans la vie « normale », ne se seraient pas suicidés. Les causes sont nombreuses : surpopulation carcérale qui entraîne un défaut d’attention des personnels et manque de psychologues ou de psychiatres. Population plus « fragile » aussi, compte tenu du nombre de malades mentaux expédiés en prison faute de … « mieux ». Tout cela doit conforter ceux qui, comme nous, pensent que la prison est une peine très dure. Quelle que soit la force de caractère de la personne détenue…

ROBIN DES LOIS adresse une fraternelle pensée aux proches de ce garçon, en sachant combien la mort d’un être aimé en prison est « violente », car entourée de mystères et de dissimulations.

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Ombline : une dernière chance pour les Parisiens !

8 novembre, 2012 (21:35) | cinema - prisons | Par: admin

Nous avons beaucoup soutenu « Ombline » un film exceptionnel qui n’ a, malheureusement, pas bénéficié de toutes ses chances à sa sortie, projeté seulement dans un petit nombre de salles.

Pour les Parisiens et proche banlieue, nous vous signalons une séance exceptionnelle, ce dimanche 11 novembre à 11 heures 15 à l’Arlequin.

L’ARLEQUIN

76, rue de Rennes

75006  PARIS

T. 01.45.44.28.40

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mardi 30 octobre : discussion du Budget de la Justice à l’Assemblée

5 novembre, 2012 (01:53) | budget Justice 2013 | Par: admin

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Assemblée nationale
XIVe législature
Session ordinaire de 2012-2013

Compte rendu
intégral

Deuxième séance du mardi 30 octobre 2012

SOMMAIRE ÉLECTRONIQUE

SOMMAIRE

Présidence de M. Christophe Sirugue

1. Projet de loi de finances pour 2012 Seconde partie (suite)

Justice

M. Étienne Blanc, rapporteur spécial de la commission des finances de l’économie générale et du contrôle budgétaire

M. Sébastien Huyghe, rapporteur pour avis de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République, pour l’administration pénitentiaire

Mme Nathalie Nieson, rapporteure pour avis de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République pour l’accès au droit, la justice et l’aide aux victimes

M. Jean-Yves Le Bouillonnec, rapporteur pour avis de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République pour la justice administrative et judiciaire

M. Jean-Michel Clément, rapporteur pour avis de la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale de la République pour la protection judiciaire de la jeunesse

M. Éric Ciotti

M. Gilles Bourdouleix

M. Sergio Coronado

M. Alain Tourret

M. Marc Dolez

M. Dominique Raimbourg

M. Philippe Goujon

Mme Colette Capdevielle

M. Gilbert Collard

M. Georges Fenech

Mme Françoise Descamps-Crosnier

M. Bernard Gérard

Mme Anne-Yvonne Le Dain

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux, ministre de la justice

M. Gérald Darmanin

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

M. Jean-Frédéric Poisson

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

M. Philippe Goujon

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

M. François Rochebloine

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

M. Jean-Michel Clément

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

Mme Colette Capdevielle

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

M. Matthias Fekl

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

M. Georges Fenech

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

M. Bernard Lesterlin

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

Mme Elisabeth Pochon

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

M. Matthias Fekl

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

Mme Colette Capdevielle

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

M. Jean-Yves Le Bouillonnec

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

Mme Anne-Yvonne Le Dain

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

M. Dominique Raimbourg

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

Mme Marie-Anne Chapdelaine

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

Mme Cécile Untermaier

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

M. Sébastien Denaja

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

M. Hugues Fourage

Mme Christiane Taubira, garde des sceaux

Mission « justice »

État B

Amendement no 97

Après l’article 66

Amendement no 117

2. Ordre du jour de la prochaine séance

Présidence de M. Christophe Sirugue,
vice-président

M. le président. La séance est ouverte.

(La séance est ouverte à vingt et une heures trente.)


Projet de loi de finances pour 2012
Seconde partie (suite)

M. le président. L’ordre du jour appelle la suite de la discussion de la seconde partie du projet de loi de finances pour 2013 (nos 235, 251).

Justice

M. le président. Nous abordons l’examen des crédits relatifs à la justice (n° 251, annexe 32, n° 258, tomes VI à IX).

La parole est à M. Étienne Blanc, rapporteur spécial de la commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire.

M. Étienne Blanc, rapporteur spécial de la commission des finances de l’économie générale et du contrôle budgétaire. Monsieur le président, madame la garde des sceaux, ministre de la justice, mes chers collègues, le rapporteur spécial que je suis ne peut que se féliciter des chiffres inscrits dans le projet de loi de finances pour 2013 : le budget de la mission « Justice » sera l’un des rares à continuer à augmenter en valeur constante : + 4,3 % avec le compte d’affectation spéciale « Pensions » et + 2,9 % hors compte d’affectation spéciale. Il atteindra 7,7 milliards d’euros en 2013. Si l’inflation reste limitée à 1,8 %, comme cela est prévu, ce projet de budget permettra une réelle avancée dans des domaines très divers.

Cette hausse s’inscrit dans une tendance longue puisque le budget de la justice a progressé d’environ 20 % depuis 2007. En 2002, ce budget représentait 1,7 % du budget de la nation ; en 2013, il en représentera environ 2,7 %. Les gouvernements successifs ont donc engagé un effort de rattrapage considérable pour donner au ministère les moyens de répondre aux attentes des Françaises et des Français en matière de justice. Le budget pour 2013 poursuit cet effort d’autant plus remarquable dans le contexte particulièrement difficile et tendu de nos finances publiques.

Ce projet inscrit une hausse des effectifs de la mission de 500 emplois pour l’année 2013 : 480 pour la justice judiciaire et vingt pour la justice administrative ; comme les prévisions triennales prévoient une évolution similaire en 2014 et 2015, la commission a constaté avec satisfaction que ce sont donc 1 500 agents supplémentaires qui devraient augmenter les effectifs du ministère de la justice sur trois ans.

Mais cette hausse des moyens et des effectifs ne bénéficiera pas de la même manière à tous les programmes. Sur les six programmes de cette mission, les trois principaux ont plus particulièrement retenu mon attention : les programmes « Justice judiciaire », « Administration pénitentiaire » et « Protection judiciaire de la jeunesse ».

S’agissant du programme « Justice judiciaire », les crédits de paiement inscrits progresseront de 107 millions d’euros, soit 3,6 %, pour dépasser pour la première fois le seuil symbolique des 3 milliards d’euros – 3,068 milliards d’euros exactement.

Les emplois inscrits dans ce programme atteindront 31 455 postes, soit une augmentation nette de 278 emplois. L’augmentation budgétaire permettra la création de 104 postes de magistrats, 76 emplois de personnels d’encadrement, 242 postes de greffiers et de personnels de l’insertion et de l’éducation et 36 postes de personnels administratifs et techniques de catégorie B ; en contrepartie, 180 emplois de personnels administratifs et techniques de catégorie C seront supprimés. J’imagine, madame la garde des sceaux, que vous nous parlerez de l’informatisation qui nous permet de réaliser ces économies sensibles.

Les moyens supplémentaires qui sont accordés à ce programme ne seront pas de trop pour faire face aux nombreux défis auxquels il est confronté. Avec la commission, nous en avons relevé trois.

Le premier défi est celui de la hausse continue des frais de justice : expertises, traductions, interceptions téléphoniques. L’an dernier, les frais de fonctionnement de ce programme ont dû être ponctionnés de 15 millions d’euros pour financer le dépassement du budget des frais de justice. En 2013, les crédits consacrés à ces frais seront augmentés de 62 millions d’euros, soit 15 %, en prévision de la hausse du nombre d’actes.

Parallèlement, les experts se plaignent d’être payés tardivement, au point que, dit-on, certains médecins seraient maintenant réticents à travailler pour l’institution judiciaire. Sans compter que leur responsabilité est de plus en plus souvent mise en cause, ainsi que nous le rappelle régulièrement l’actualité ; et les problèmes administratifs ajoutent évidemment à leurs difficultés.

À la cour d’appel de Lyon, où je me suis rendu dans le cadre de mes auditions, le coût des frais de justice a bondi en quatre ans de 17 à 23 millions d’euros, alors que le budget de fonctionnement du ressort de la Cour reste stationnaire à 9 millions d’euros…

Ponctionner les frais de fonctionnement des juridictions pour financer les frais d’expertises inquiète les magistrats, et ce n’est pas de bonne politique. Cette question devra être tranchée. Le ministère de la justice entend-il instaurer un dispositif de limitation de ces frais, ce qui peut poser problème à l’indépendance des magistrats ? Les organisations professionnelles de magistrats y sont farouchement opposées : elles considèrent que ce serait une entrave au bon fonctionnement de la justice et qu’il serait inadmissible de refuser une expertise, en particulier lorsqu’il s’agit de prouver la culpabilité ou l’innocence d’une personne, ce qui soulève des problèmes de défense des droits. Autant de points sur lesquels, madame la garde des sceaux, nous attendons vos réponses.

Le deuxième défi à relever est celui de l’exécution des peines.

On estime à environ 85 000 le nombre de peines en cours d’exécution. C’est un « stock » plus élevé que dans les autres pays d’Europe. Je rappelle qu’il ne s’agit pas, contrairement à ce que l’on entend souvent, de peines non exécutées, mais de peines en attente d’exécution, même si nous savons pertinemment qu’un certain nombre d’entre elles ne seront jamais exécutées.

Qu’en est-il exactement, madame la garde des sceaux ? Comment comptez-vous vous y prendre pour réduire ce stock ? C’est une demande ancienne de vos prédécesseurs, des justiciables et de l’ensemble des partenaires du fonctionnement de l’institution judiciaire. D’après les chiffres qui m’ont été fournis par vos services, il semblerait que ce stock ait encore augmenté en 2012.

Pourtant, nous savons tous que le caractère pédagogique de la sanction ne vaut que si son exécution est rapide. Ce n’est pas lorsque le condamné est réinséré, une fois qu’il a fondé une famille, plusieurs années après les faits, qu’il doit être incarcéré ; c’est au moment le plus proche du prononcé de la sentence et de son caractère définitif.

Un troisième défi à relever pour ce programme est celui de la célérité de la justice, encore beaucoup trop lente. Cela suppose de recruter des magistrats, mais aussi des greffiers. Cela suppose également d’améliorer le fonctionnement des systèmes d’informations du ministère, souvent défaillants.

Dans la précédente mandature, à la demande du président de la commission des lois, j’avais commis un rapport sur l’application Cassiopée. Critiquée pour sa complexité et pour ses lourdeurs, elle a mis beaucoup de temps à se mettre en place. Mais ceux qui l’utilisent aujourd’hui semblent dire que son usage est satisfaisant. Toutefois, les extractions statistiques que doit permettre Cassiopée manquent aujourd’hui de fiabilité, et l’infocentre ne donne pas satisfaction. Enfin, la connexion entre Cassiopée et les fichiers de police et de gendarmerie serait source de gains importants de productivité – si l’on peut dire en matière judiciaire. Mais si cela fonctionne avec la gendarmerie, il semble qu’avec la police, ce soit plus compliqué.

Le développement des procédures simplifiées peut constituer une autre piste susceptible de désengorger les tribunaux et d’accélérer le cours de la justice. C’est le cas notamment de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, également appelée le « plaider coupable », critiquée à l’époque,…

M. Philippe Goujon. Surtout par la gauche !

M. Étienne Blanc, rapporteur spécial. …mais qui aujourd’hui semble donner satisfaction.

Je vous parlais il y a quelques instants de l’audition que j’ai pu effectuer à la cour d’appel de Lyon. Les procédures simplifiées y représentent 52 % de l’activité pénale, ce qui est considérable. Le premier président de la cour d’appel nous a d’ailleurs confié que renoncer à ces procédures ou en réduire le champ et en revenir à la procédure classique conduirait à une thrombose des juridictions. Un certain nombre de professionnels souhaitent l’extension du champ de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité et des ordonnances pénales. La question fait débat, certains avocats ayant émis des réserves. Quel avenir entendez-vous réserver à ces procédures, madame la garde des sceaux ? Pensez-vous les développer ?

Quatrième défi, lancinant : le recouvrement des amendes. En ces temps budgétairement difficiles, améliorer le recouvrement des amendes doit être une priorité de l’administration. Encore faudrait-il connaître exactement le montant de ces amendes. À travers les réponses à mon questionnaire budgétaire, j’ai pu mesurer à quel point les chiffres, qui vont de 260 millions à 400 millions d’euros, pouvaient être fluctuants entre la place Vendôme, chargée du prononcé des sanctions, et Bercy, chargé de leur recouvrement. Le temps entre le prononcé et l’encaissement n’explique pas tout.

Cela m’amène à m’interroger sur les lacunes statistiques qui existent dans ce domaine, ainsi que sur la coopération entre les deux administrations, celle de la justice et celle des finances, coopération qui pourrait être nettement améliorée.

Au total, d’après les chiffres que vos services nous ont fournis, il semblerait que le taux de recouvrement des amendes dans l’année qui suit leur prise en charge par le ministère des finances n’atteigne pas 50 %. Pour ce qui concerne les amendes forfaitaires majorées, le taux est encore plus faible : à peine 30 %.

Quelles mesures comptez-vous mettre en œuvre, madame la garde des sceaux, pour améliorer le taux de recouvrement des amendes prononcées par les juridictions ?

J’évoquerai maintenant le programme « Administration pénitentiaire ».

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Contact

François KORBER
Délégué général de ROBIN DES LOIS

59, boulevard Malesherbes
75008 PARIS
(uniquement sur rendez-vous)

téléphone : 06.65.40.28.72
télécopieur : en attente
mail : contact@robindeslois.org

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